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L'Heure Bleue 2026 : Guerlain rouvre un siècle de silence pour un accord ozonique

L'heure bleue 2026 : guerlain rouvre un siècle de silence pour un accord ozonique

Guerlain réinvente L'Heure Bleue, inchangé depuis 1912, sous la signature ozonique de Delphine Jelk : un pari de collection patrimoniale qui divise déjà les premiers avis.

Par Vincent·

L'Heure Bleue 2026 : Guerlain rouvre un siècle de silence pour un accord ozonique

Un jus resté inchangé depuis 1912, ça ne se touche pas à la légère. Guerlain le fait pourtant avec L'Heure Bleue, l'une des références patrimoniales de la maison aux côtés de Jicky, Samsara et Mitsouko réunies dans la collection Les Légendaires. Selon le Journal du Luxe, la formule originale est remplacée par une composition entièrement inédite, signée par la parfumeuse Delphine Jelk, qui succède ainsi à Jacques Guerlain sans chercher à l'imiter.

Rouvrir une légende plutôt que la restaurer

Le choix éditorial de Guerlain n'est pas anodin : plutôt qu'une réédition fidèle, la maison assume une réinterprétation contemporaine, confirme Luxe.net, qui décrit un remplacement pur et simple de la formule d'origine. C'est un pari risqué pour un totem aussi identifié que L'Heure Bleue, poudré-oriental à la violette et à l'iris depuis plus d'un siècle : Delphine Jelk explique avoir voulu, selon La Parfumerie Podcast, « capturer la sensation de L'Heure Bleue » plutôt que reconduire sa pyramide, en basculant vers un accord marin et atmosphérique évoquant « la fraîcheur d'un ciel bleu ozonique ».

Un accord ozonique qui ne fait pas l'unanimité

C'est précisément ce virage qui cristallise les premières réactions, et elles sont franches. La Parfumerie Podcast, qui classe ce lancement dans sa rubrique « parfums morts », juge le résultat sévèrement et pointe une note ozonique jugée envahissante. Sur Fragrantica, les avis de terrain vont dans le même sens : une utilisatrice se dit déçue par une note ozonique qu'elle ne parvient pas à apprivoiser, tout en précisant rester attachée à la maison. D'autres commentaires, plus caustiques, comparent le nouveau flacon bleu à la vague des eaux fraîches type Bleu de Chanel ou Sauvage, quand certains lecteurs anglophones se montreraient au contraire plus enthousiastes.

Ce grand écart de réception dit quelque chose d'important sur l'exercice périlleux de la relance patrimoniale : moderniser un totem, c'est accepter de heurter une partie de son public le plus fidèle, celui qui a fait de L'Heure Bleue une madeleine olfactive précisément parce qu'elle n'avait pas bougé depuis 1912. Reste à voir si l'accord ozonique de Delphine Jelk trouvera sa propre légende, ou s'il restera un chapitre contesté de celle de Guerlain.