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Le Beau Narcisse : Jean Paul Gaultier regarde Narcisse dans le miroir du parfum

Le beau narcisse : jean paul gaultier regarde narcisse dans le miroir du parfum

Jean Paul Gaultier étire sa ligne Le Beau vers un versant floral musqué, porté par un flacon sculpté à l'effigie de Narcisse. Les premiers porteurs, eux, sont partagés.

Par Vincent·

Le Beau Narcisse : Jean Paul Gaultier regarde Narcisse dans le miroir du parfum

Sept ans après avoir lancé [[jean-paul-gaultier-le-beau|Le Beau]], pendant solaire du Mâle devenu best-seller estival, Jean Paul Gaultier ne se contente plus d'un flanker de saison : la maison bâtit une véritable famille autour du nom. Le Beau Narcisse, dernier venu de cette lignée, change de registre olfactif et surtout de récit, en allant chercher sa mythologie du côté du miroir plutôt que de la plage.

Un flacon qui raconte le mythe avant le jus

La fiche produit signée Jean Paul Gaultier revendique explicitement la référence à Narcisse fasciné par son propre reflet, et c'est le flacon qui porte le poids du récit : le torse sculpté classique de la ligne Le Beau est ici enveloppé d'une écharpe dorée et d'un bijou saphir, façon parure que l'on s'offre à soi-même. Le texte de la maison file la métaphore jusqu'au bout, décrivant un sillage « qui ne recherche jamais l'attention », un musc ambré comparé à « une caresse interdite qui persiste comme un souffle sur la peau ». L'exercice de storytelling consiste ici à déplacer Le Beau du registre de la séduction extravertie vers une sensualité tournée vers soi, presque secrète.

Un cœur plus musqué, un fond plus gourmand

Sur le papier, Le Beau Narcisse s'écarte du duo bergamote-coco-tonka qui a fait le succès de l'original pour un profil floral boisé musqué, signé par le parfumeur Quentin Bisch. La liste d'ingrédients publiée sur les fiches produit confirme la présence de coumarine et de vanilline en fond, aux côtés de linalol et de bergamote en tête, ce qui recoupe l'annonce d'un accord fève tonka généreux glissant vers l'ambre-musc en fin de tenue. La maison le positionne comme une déclinaison plus enveloppante, plus nocturne aussi, que l'Eau de Toilette solaire de 2019.

Premiers avis, verdict encore incertain

Ici, le récit officiel se heurte déjà à l'épreuve de la peau. Sur Fragrantica, un premier commentaire descend nettement le parfum, jugé trop poudré, « une impression de poudre pour bébé et de crème », loin de la caresse promise par la communication. Rien d'anormal à ce stade précoce, la ligne Le Beau ayant toujours attiré des avis contrastés, mais l'écart entre le texte de marque, très écrit, et le ressenti brut des premiers porteurs illustre bien le pari : vendre une sensualité discrète est plus difficile que vendre une fraîcheur estivale immédiatement lisible.