B683 a dix ans : marc-antoine barrois l'expose depuis les salons de ses clients
Pour les dix ans de B683, la maison Marc-Antoine Barrois ne relance rien : elle expose à Arles 164 photographies du flacon prises chez ses propriétaires, dans 50 villes du monde. Une manière inhabituelle de raconter la diffusion réelle d'un parfum.
B683 a dix ans : Marc-Antoine Barrois l'expose depuis les salons de ses clients
Pour marquer les dix ans de B683, son premier parfum, la maison Marc-Antoine Barrois aurait pu sortir un extrait anniversaire ou une édition limitée du flacon, comme le veut l'usage dans la parfumerie de niche. Elle a choisi autre chose : une exposition photo. « 10 ans après B683 » se tient à la Maison Close, à Arles, jusqu'au 30 août 2026, dans le cadre du Festival OFF de la photo, en écho aux Rencontres d'Arles qui se déroulent au même moment dans la ville.
Le protocole inversé
L'idée, montée avec Stéphane Durand, directeur photo du magazine Nez, part d'un principe simple : plutôt que de mettre en scène le flacon dans un studio, on va le photographier là où il vit vraiment, chez les gens qui le possèdent déjà. Sur plus d'un an, 72 photographes répartis dans 50 villes, de Paris à New York, Bangkok, Dubaï, Milan ou Mexico, ont été invités à composer leur propre nature morte autour d'un flacon de B683 dans leur intérieur. Le résultat, ce sont 164 clichés qui ne se ressemblent pas : on n'y voit jamais le même salon, la même lumière, la même façon de poser le flacon sur une étagère. C'est justement ce décousu qui rend l'ensemble crédible, à des années-lumière d'un book de campagne. Des rencontres entre Marc-Antoine Barrois, Stéphane Durand et les photographes du projet se sont tenues à Arles du 8 au 12 juillet.
C'est un pari plus risqué qu'il n'y paraît : lâcher la direction artistique, c'est accepter des cadrages moins léchés et des intérieurs qui ne feront pas rêver tout le monde. Mais c'est précisément ce qui donne sa valeur à l'ensemble, la preuve en images qu'un parfum de niche lancé en 2016 a fini par s'installer durablement dans des intérieurs très éloignés les uns des autres.
Ce que B683 continue de raconter
Composé par Quentin Bisch, B683 s'ouvre sur un accord épicé, safran, poivre noir, noix de muscade et piment rouge, avant de glisser vers un cœur de feuille de violette, musc, labdanum et ambre, puis de se poser sur un fond boisé ambré, ambroxan, patchouli, santal, mousse de chêne. Lancé chez Colette en 2016, le parfum avait rapidement trouvé son public, avec 500 flacons écoulés en trois mois, un score rare pour une première création signée par une maison alors inconnue.
Marc-Antoine Barrois n'était d'ailleurs pas parfumeur de formation : couturier originaire du Nord, repéré à vingt ans par Dominique Sirop puis passé par les ateliers Hermès aux côtés de Jean-Paul Gaultier, il fonde sa propre maison de couture homme en 2009 avant de rencontrer Quentin Bisch en 2015. B683 naît de cette collaboration, suivi depuis par Ganymede en 2019 puis Aldebaran en 2025. Le vêtement et le parfum y partagent la même grammaire : un luxe discret, construit pièce par pièce, qui préfère la matière au geste spectaculaire. L'exposition d'Arles en est le prolongement logique, moins une célébration qu'un inventaire.