Kilian paris ouvre son bar à parfums avec trois nouveaux gourmands
Kilian Paris lance The Cocktails, une collection de trois parfums inspirés du Kir Royal, de la Piña Colada et de l'Espresso Martini. Derrière ce trio se confirme une stratégie de fond : construire une véritable garde-robe olfactive autour du best-seller Angels' Share.
Kilian Paris ouvre son bar à parfums avec trois nouveaux gourmands
Kilian Paris lance fin août, chez Sephora aux États-Unis, une collection baptisée The Cocktails. Trois eaux de parfum, trois cocktails de référence : Sparkling Royal pour le kir royal, Piña Paraíso pour la piña colada, Midnight Espresso pour l'espresso martini. À noter tout de suite, parce que la presse a souvent raccourci l'info : les flacons ne s'appellent pas « Kir Royal » ou « Espresso Martini », ce sont les cocktails qui servent de matière première olfactive, pas les noms sur l'étiquette.
Trois formules, un même geste gourmand
Sparkling Royal ouvre sur la menthe et le citron, cette sensation de première bulle qui remonte au nez, puis glisse vers un cœur de rose et de cassis avant de se poser sur fève tonka et musc doux. Piña Paraíso mise sur l'ananas et le rhum en tête, un cœur crémeux de noix de coco et de frangipanier, et une traînée vanille bourbon, fève tonka toujours, qui tire la composition vers le sillage plutôt que vers la fraîcheur. Midnight Espresso, la plus sombre des trois, part sur un accord café et rhum très frontal, glisse vers chocolat et noisette, et se referme sur vanille bourbon et benzoïne de Siam. Les trois sont vendues en 10 ml (37 dollars) et 75 ml (150 dollars), avec une tenue annoncée de cinq heures et plus.
Ce que révèle vraiment cette collection
Le point intéressant n'est pas le trio en lui-même, plutôt la place qu'il occupe dans le catalogue de la maison. Kilian Paris a rangé ses parfums par familles baptisées comme des rayons de bar à liqueurs : The Liquors, The Cocktails, The Narcotics, The Cellars, The Fresh, The Smokes. The Liquors abrite Angels' Share, le best-seller historique de la maison, inspiré par l'héritage cognac de Kilian Hennessy (huitième génération de la famille Hennessy), avec sa fameuse « part des anges », cette fraction de liquide qui s'évapore des fûts en vieillissant. The Cocktails ne débarque donc pas comme un flanker isolé de plus : c'est l'extension logique d'un vocabulaire déjà installé, celui de l'alcool comme matière première de parfumerie, décliné cette fois côté bar plutôt que côté cave.
Cette architecture par collections, plutôt qu'un catalogue plat de nouveautés annuelles, ressemble à un pari sur la fidélisation : une fois qu'on aime Angels' Share, la maison propose tout un chemin à l'intérieur de sa propre grammaire olfactive, du chai à la coupe de champagne. Reste à voir si Sparkling Royal, Piña Paraíso et Midnight Espresso auront la même capacité qu'Angels' Share à devenir des habitués de salle de bain plutôt que des curiosités d'été.